10 films pour bousiller une Saint-Valentin

« All you need is love », surtout le jour où ce cher Cupidon a décidé de répandre sa mièvrerie partout sur terre. À moins que ce ne soit ce bon vieux temple de la consommation. Quoiqu’il en soit, si vous cédez à l’ivresse commerciale, vous aurez peut-être envie de passer votre soirée de Saint-Valentin devant une love story digne de son nom, de vous imaginer en Rose et Jack, Harry et Sally, Scarlett et Rhett, Carol et Therese, Sailor et Lula, la Belle et le Clochard… Mais attention, pour que la flamme ardente ne se transforme pas en glaçon, mieux vaux éviter de jeter son dévolu sur certains films. Petite sélection.

Gone Girl

Gone GirlAmy et Nick Dunne auraient pu être les Ken et Barbie parfaits. Mais il n’y a qu’à voir le nom de David Fincher au générique pour se douter de l’anguille sous roche. Adapté du best-seller Les Apparences de Gillian Flynn, Gone Girl est une dissection du couple, une petite bête qui vient gratter le vernis de la bienséance et vous rappeler que le bonheur à deux est une arnaque. Il y a donc fort à parier que les regards enamourés de début de soirée se transformeront en coups d’œil méfiants à base de « Tu ne me feras jamais ça, hein chéri ? » Mais après tout, on ne va pas jouer la surprise, David Fincher nous avait prévenus : en regardant Gone Girl, le risque est d’aller directement au divorce, sans passer par la case romance à l’eau de rose. À bon entendeur !

Blue Valentine

Blue ValentineSi vous vous dites qu’il y a « Valentine » dans le titre et que, par conséquent, ça doit être LE film à regarder pour la fête des amoureux… fuyez, pauvres fous ! Ici, Derek Cianfrance nous montre ce qui se passe dans la vraie vie, après le conte de fées. Il fait le va-et-vient entre le temps d’une jolie rencontre et celui de la désintégration du couple, quelques années plus tard. Le pire est sûrement que l’on ne sait même pas ce qui a fait tout capoter, à part peut-être la lassitude. Le naufrage du romantisme dans toute sa splendeur. Oubliez les roses, sortez les mouchoirs, le happy end n’aura pas lieu.

Alabama Monroe

Alabama MonroeTant que vous avez des mouchoirs à proximité, voici une autre ode à la dépression. Comme dans Blue Valentine, Felix Van Groeningen fait des allers-retours entre les premiers instants de bonheur pour Elise et Didier, et le drame total qui va déchirer leur couple. Croyez-le, la superbe bande-son 100 % bluegrass ne pourra même pas sauver votre rencard, le pathos ambiant conduira à coup sûr votre moral droit dans vos chaussettes. Adieu papillons dans le ventre !

Les Parapluies de Cherbourg

Les Parapluies de CherbourgLe chef-d’œuvre de Jacques Demy a deux fois plus de chances de faire de votre Saint-Valentin un fiasco. En effet, soit vous devenez fous au bout de 15 minutes chantées non stop (plus ou moins juste). Soit, et c’est pire pour les tourtereaux que vous êtes, vos cœurs se brisent en même temps que ceux de Geneviève et Guy. L’amour est perdu, et la composition musicale de Michel Legrand ne manquera pas de vous porter le coup de grâce. Si vous en doutez, morceau choisi : « Mais je ne pourrai jamais vivre sans toi, je ne pourrai pas, ne pars pas, j’en mourrai, je te cacherai et je te garderai, mais mon amour, ne me quitte pas… »

We Need to Talk About Kevin

We need to talk about KevinIls vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, mon œil. Si, dans l’ivresse (l’inconscience ?) absolue, la Saint-Valentin faisait naître chez vous des envies folles de progéniture, le film coup-de-poing de Lynne Ramsay pourrait bien vous vacciner. Votre cher et tendre peut bien avoir toutes les qualités requises, il se peut que votre descendance se révèle être un sociopathe. Dans le même esprit, évitez aussi le Rosemary’s Baby de Roman Polanski.

Antichrist

AntichristSûrement le comble du malaise pour une Saint-Valentin. Le coup du couple qui tente de se reconstruire au fond de la forêt après la mort de son enfant, qui sombre dans la folie et cède à un déferlement de violence insoutenable (on vous épargne le détail des mutilations), vous conduira assurément jusqu’à la cuvette des toilettes. Lars Von Trier a mis le paquet pour vous dégoûter de l’autre, sans oublier la petite goutte de misogynie qui fait déborder le vase. Fleurs bleues, s’abstenir. S’abstenir tout court, d’ailleurs, ne serait pas une mauvaise idée.

La La Land

La La LandOui, La La Land. Parce que si on regarde bien le film de Damien Chazelle en entier, il n’y a pas du tout de raisons de se réjouir. Il est même plutôt déprimant de se rendre compte que des petites broutilles et des ambitions personnelles peuvent faire renoncer à l’amour avec un grand A. Et puis, petit détail qui a son importance, vous pourriez bien passer la soirée à baver soit sur Emma Stone, soit sur Ryan Gosling, soit sur les deux. Ce qui risque de fâcher quelque peu votre moitié, voire pire, de vous faire réaliser que la personne qui se trouve à côté de vous n’est ni Emma, ni Ryan, ni les deux.

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Eternal Sunshine of the Spotless MindSi vous êtes prêt à fêter la Saint-Valentin, il est probable que vous ne souhaitiez pas encore effacer votre partenaire de votre mémoire. Mais avec la tumultueuse histoire d’amour de Joel et Clementine, Michel Gondry est là pour vous rappeler que ça pourrait arriver un jour. De quoi vous faire pleurer comme une madeleine et vous laisser un goût amer…

Shame

ShameDans ce film de Steve McQueen, on ne badine plus avec l’amour mais on parle gravement de sexe. Le sexe comme addiction. Le sexe comme honte. Brandon est seul. Sa sœur Sissy, bien que différemment, est tout aussi seule. L’ensemble respire la solitude, les âmes broyées dans une Big Apple au trognon glacé. Il faut bien avouer que cela manque un peu d’insouciance et de légèreté pour une soirée en signe de cœur avec les mains.

Les Noces rebelles

Les Noces rebellesDans Titanic, Kate Winslet et Leonardo DiCaprio nous ont fait croire en l’amour (jusqu’à ce foutu radeau pourtant bien assez grand pour deux). Dans Les Noces rebelles, ils nous font croire au divorce. Sam Mendes, derrière la caméra, manœuvre le désenchantement de deux êtres bercés d’illusions jusqu’à l’implosion. On en ressort en pensant que la passion est un mirage, l’amour une routine, et que nous finirons tous dans un pavillon de banlieue américaine, avec un break, trois enfants et un chien. Réjouissant.

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