Je suis une princesse Disney… qui prend le métro

Avant de quitter mon doux logis, je jette un dernier regard à mon miroir, mon beau miroir. Lèvres rouges comme la rose, cheveux noirs comme l’ébène, teint blanc comme la neige… je suis fin prête. Heigh-ho, heigh-ho, direction le boulot !

A peine le pas de ma porte franchi, clap, clip, clap, une petite pluie d’avril se met à tomber du ciel en petits diamants. J’ouvre aussitôt mon grand parapluie, je soulève ma robe pour qu’elle ne prenne pas l’eau et je cours en tourbillonnant jusqu’à la bouche de métro.

Alors que j’attends sur le quai, je vois une toute petite souris pointer le bout de son museau. Qu’elle est mignonne ! Je lui tends la main, mais elle recule.
« Ooooh, ne te sauve pas, je ne te ferai pas de mal. »
Elle s’arrête, hésite, et revient finalement vers moi. Je l’invite à s’approcher encore davantage et elle bondit sur mes genoux. C’est alors que je vois toute une famille de rats sortir timidement de derrière une poubelle. Je tapote le siège à côté de moi :
« Venez, n’ayez pas peur… »
Mais tout à coup, la rame entre dans la station et ils s’enfuient tous. Je sens alors l’air du vent qui me pousse vers le métro. Je saute à l’intérieur juste avant que la voix du conducteur retentisse : « Vers l’infini et au-delà ! ». Aussitôt, les portes se ferment. Tout le wagon se met à trembler et nous démarrons.

Je me glisse jusqu’à un siège libre, évitant de justesse de m’asseoir – ciel – sur un vieux chewing-gum. Là, me laissant entraîner par le rythme à peine saccadé du train du bonheur, je vais m’assoupir, quand je découvre un cœur gravé sur la vitre à côté de moi. Oh, que c’est adorable ! Une jeune fille a dû rencontrer son prince charmant ici, dans ce métro. Je suis sûre qu’un jour, le mien aussi viendra.

Quelques stations plus tard, une femme enrobée à la peau violacée, aux yeux globuleux et aux lèvres rouge écarlate s’assied en face de moi. Elle me fixe, au point que cela en devient gênant.
« Vous désirez quelque chose ?
– Je ne te demande pas grand-chose, répond-elle d’une voix caverneuse, une babiole en vérité, trois fois rien, une chose dont tu peux te passer. Ce que je veux de toi, c’est… ton sac. »
Elle dresse alors ses bras comme deux grands tentacules prêts à se refermer sur moi. Au secours ! Je me lève aussitôt, je bouscule les gens qui s’agglutinent près des sièges et je me faufile à l’autre bout du wagon pour lui échapper. Quand je me retourne, elle a disparu. Ouf, c’était moins une ! C’est alors que je sens une présence un peu trop proche de moi. Je me retourne et je découvre un homme qui me sourit bizarrement. Je recule, gênée :
« Oh, mais que faites-vous ?
– Veuillez m’excuser, dit-il en me prenant la main, je ne voulais pas vous effrayer. »
Je me dégage aussitôt :
« Ce n’est pas ça… C’est que vous êtes… Oh…
– Un inconnu ?
– Oui, tout à fait. Et je n’ai pas le droit de parler aux inconnus. »
A ce moment-là, les portes du métro s’ouvrent, j’en profite pour bondir sur le quai et pour courir jusqu’au wagon suivant avant qu’il ne reparte. Enfin en sécurité !

Pendant tout le reste du trajet, un homme portant un pull jaune à rayures bleues joue de l’accordéon à côté de moi, tandis qu’un autre vêtu entièrement de rouge chante que la vie souterraine dans le métro, c’est bien mieux que la vie qu’ils ont là-haut, sur la terre. Quelle musique entraînante ! Je commence à fredonner pour les accompagner, quand je me rends compte que je suis arrivée à destination. Je sors de la rame en sautillant et je me dirige vers la sortie. Dans le couloir, je tombe nez-à-nez avec une vieille marchande de fruits qui me tend une belle pomme rouge :
« Elle a l’air délicieuse, lui dis-je poliment.
– Mais attends d’en goûter une mon trésor… Tu veux en goûter une ? Vas-y, vas-y, croque-en un morceau.
– Ce serait avec grand plaisir mais je n’ai pas le temps, je suis désolée. Une autre fois. »
Et je cours vers la sortie. En grimpant les marches me menant vers l’extérieur, je sens quelque chose s’agripper à ma robe. Je découvre une femme au teint livide qui me tend une rose pleine d’épines :
« Touche la rose. Touche-la, te dis-je ! »
Mais non, je ne veux pas, je vais me piquer ! Je parviens à me dégager et je me précipite vers la sortie.

Enfin ! Je retrouve l’air pollué et les chants des pigeons. Je ne sais pas ce qu’ils avaient tous aujourd’hui. Mais ce n’est pas important. A présent, j’ai de nouveau le cœur en fête. Ah, vous ne pouvez pas savoir comme j’aime les histoires qui finissent bien ! Je suis une princesse et rien, rien, vraiment rien au monde ne peut entacher ma bonne humeur. SPLAAAAAAAAAAAASH !*

* Bruit d’une princesse qui s’étale dans une flaque d’eau après avoir glissé sur une vilaine crotte de chien…

Cam' dans un film

____

Un texte inspiré de…

Blanche-Neige et les sept nains de Walt Disney BLANCHE-NEIGE ET LES SEPT NAINS (SNOW WHITE AND THE SEVEN DWARFS) – 1938

Genre : film d’animation, conte de fées
Réalisateur : David Hand
Avec les voix originales de : Adriana Caselotti, Lucile La Verne, Moroni Olsen, Roy Atwell, Harry Stockwell…
Bande originale : Frank Churchill, Leigh Harline, Larry Morey, Paul J. Smith

Pour en savoir plus :
Voir la bande-annonce de Blanche-Neige
– Blanche-Neige et les animaux : voir un des extraits qui a inspiré ce texte
– La fiche technique complète du film sur Allociné

Mais aussi des clins d’œil à…
Bambi et la chanson de la pluie : voir la vidéo
– Buzz l’Eclair dans Toy Story : voir l’extrait
– Ursula et la voix de La Petite Sirène : voir l’extrait
– Encore La Petite Sirène avec Sébastien et Polochon : voir la vidéo de « Sous l’océan »
– Le fuseau maléfique de La Belle au Bois Dormant : voir l’extrait

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