Le jour où Spider-Man m’a sauvée de l’ennui

12 heures. C’est le temps que j’ai à patienter dans le terminal 1 de l’aéroport JFK avant de pouvoir enfin prendre mon avion pour la France. Après une nuit de 3 heures, je sens que la journée va être très longue. Je m’installe à une table du Starbucks. J’ai la tête qui tourne et je me dis qu’il faudrait peut-être manger quelque chose. Trois cafés plus tard, j’ai des palpitations et je me sens encore plus mal. Je crois que si je tombe dans les pommes, personne ne le remarquera. Je vais aller fumer. Autre excellente idée. Je sors et une bourrasque glaciale vient arranger l’état pitoyable de mon brushing. Mes doigts se transforment en glaçons. Mon nez coule et ma gorge est en feu. Je rentre. La cigarette m’a donné la nausée. Il me reste 10 heures. Tiens, ce petit coin m’a l’air tranquille. Je m’assieds. Je m’avachis plutôt. Une petite chose gigote sur le sol à ma droite. On dirait… bâillement… une araignée… brouillard.

J’ouvre les yeux. Le terminal est plongé dans le noir. Allez, qu’est-ce qui se passe encore ? Il faut vraiment que j’arrête les plans galère. Il n’y a pas un bruit. On dirait que tous les autres passagers se sont volatilisés. Trop de café… Je me redresse. Il fait vraiment très sombre et il faut un moment pour que mes yeux s’habituent à l’obscurité. Je distingue une forme à 30 centimètres de moi. C’est bizarre, on dirait un corps, mais qui aurait la tête en bas. Je m’approche et, soudain, une voix retentit : « Bonjour ».

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhh [hurlement]. Mon premier réflexe de défense est de donner des grands coups à la chose en fermant les yeux (parce que, c’est bien connu, quand on ferme les yeux, rien ne peut nous atteindre…). Evidemment, je frappe dans le vide. Je me bouche les oreilles et je continue de crier. C’est un cauchemar ! Je fronce très fort les sourcils pour essayer de me réveiller. Mais pourquoi ça ne marche pas ???

Tout à coup, des mains gantées agrippent mes bras. La voix résonne à nouveau : « Calme-toi ! Je ne vais pas te faire de mal. Regarde-moi ». Bon, pourquoi pas. Mon cri commence à être ridicule. J’ouvre un œil. Une tête masquée rouge et bleue est à 15 centimètres de la mienne, toujours à l’envers. Un corps perché dans le vide. Là, il faut vraiment que j’arrête le café. En une pirouette, il bascule et atterrit sur ses pieds. Je me frotte à nouveau les yeux. Le gars – enfin, je crois que c’est un gars – en face de moi porte une combinaison moulante intégrale rouge et bleue, avec un motif d’araignée sur le torse. Mouais, ça n’a pas l’air comme ça, mais c’est quand même vachement viril.

« Salut, moi, c’est Spider-Man ». Soit je suis en plein rêve, soit le serveur louche du Starbucks m’a droguée. Ou alors, je suis juste morte d’épuisement.
« Tu avais l’air de t’ennuyer.
– Je n’en demandais pas tant.
– Tu veux faire un tour ? » Il me tend sa main.
« Franchement, j’ai le vertige.
– On a le vertige seulement quand on garde les pieds au sol, mauviette ».

NON, NON, NON… Trop tard, un fil blanc ultra-résistant sort de ses poignets. Il enroule ma taille, m’attire contre lui et, sans que j’ai eu le temps de crier, me voici dans les airs. Il voltige dans le terminal désert, tissant sa toile. Il saute entre les stands des différentes compagnies aériennes. Je n’ai même plus de voix pour hurler. Il me serre contre lui. Pas trop quand même jeune homme, s’il vous plaît ! Je vole. Tout à coup, il fait mine de me lâcher en plein saut. Je vais m’écraser lamentablement ! Hop, il me rattrape juste à temps. Ok, tu peux me serrer autant que tu veux mais tu ne refais PLUS JAMAIS ÇA ! Il rit. Je m’agrippe à son cou et je commence à me sentir bien dans sa toile. J’ai eu raison de ne pas manger finalement.

Encore quelques pirouettes dans les airs et il finit par me déposer délicatement au sol. Il reste perché à l’envers, pendu à son fil. Ma tête est juste en face de la sienne. Je pose mes mains sur ses joues masquées. Silence. J’attrape le bord de sa cagoule et je la remonte juste au-dessus de sa bouche. J’approche doucement mes lèvres des siennes… Je sens quelque chose me secouer… « Mademoiselle, réveillez-vous. L’enregistrement commence ». Ah non, PAS MAINTENANT ! Je rêve, je rêve, je rêve… J’ai les yeux ouverts. Un ado boutonneux est en face de moi. Damned !

Voici comment j’ai raté le plus beau baiser de ma vie, mon baiser de Spider-Man…
Cam' dans un film

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Un texte inspiré de…

Spider-Man, Sam Raimi SPIDER-MAN – 2002

Genre : film de super-héros, fantastique, action
Réalisateur : Sam Raimi
Scénaristes : David Koepp et James Vanderbilt d’après l’œuvre de Stan Lee
Avec : Tobey Maguire, Willem Dafoe, Kirsten Dunst, James Franco…
Bande originale : Danny Elfman

Pour en savoir plus :
– Voici le baiser de Spider-Man auquel je n’ai pas eu le droit (l’un des plus beaux baisers de cinéma) : voir la vidéo
– La bande-annonce du Spider-Man de Sam Raimi
– La fiche technique complète du film sur Allociné
– Ecouter la bande originale de Spider-Man sur Spotify
– Même si mon texte s’inspire du Spider-Man de Sam Raimi, j’ai une préférence pour The Amazing Spider-Man de Mark Webb avec Andrew Garfield dans la peau de l’homme araignée : voir la bande-annonce


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