Kedi, des chats et des hommes

Kedi, des chats et des hommes

Présents depuis des milliers d’années sur les rives du Bosphore, ils ont vu Byzance, Constantinople et Istanbul. Les chats des rues font partie de l’âme de cette ville au carrefour des continents, et c’est à travers leurs regards perçants que la réalisatrice Ceyda Torun nous embarque pour nous imprégner de son atmosphère si particulière.

Cependant, plus qu’un documentaire animalier ou une visite touristique de la ville, Kedi est le récit des destins mêlés de chats et d’humains. Il dresse le portrait (poilu) de 7 matous qui vivent en toute liberté, mais aussi de ces hommes et femmes qui en prennent soin. A moins que ce ne soit l’inverse. Parce que, comme chacun sait, le chat a ce pouvoir qui réconforte et met du baume au cœur. Ainsi, il est difficile de résister au charme de Bengü, la tigrée ultra-sensible qui vit à Karaköy depuis plus de 8 ans, de Psycho, la chatte noir et blanc qui sème la terreur dans son quartier, ou encore de Grizou, le glouton amateur de manchego. Kedi est une vraie séance de ronronthérapie, qui plus est, adaptée aux allergiques frustrés de ne pouvoir approcher un minet. Alors, que demander de plus ?

Il y a quelque chose qui a du mal à percer dans Kedi, et c’est probablement ce qui laisse légèrement perplexe. Malgré l’aspect doudou du documentaire, la caresse n’est peut-être pas si douce. Les témoignages des Stambouliotes dessinent un fugace message politique. Ainsi, une jeune artiste envie l’élégance des chats et laisse transparaître la difficulté d’être une femme aujourd’hui en Turquie, y compris à Istanbul. Des commerçants évoquent la destruction d’espaces verts au profit de tours et d’autoroutes, s’inquiétant plus de l’avenir des chats errants que du leur. Mais tous, ils changent assez vite de sujet. Le propos politique se glisse à droite, à gauche (ici, une affiche contre Erdogan, là, des allusions à la joie de vivre qui se meurt), mais il a du mal à infuser l’écran. Est-ce volontaire ? Possible, quand on sait les barrières rencontrées par la liberté d’expression et d’opposition actuellement.

Le sentiment qui perdure, en revanche, est que la vie des chats reflète celle des gens. Comme nous, ils ont chacun leur propre personnalité : de celui qui a besoin d’affection au bagarreur, en passant par le prétentieux ou le timide… Leurs problèmes sont proches des nôtres. C’est sûrement pour cela qu’ils nous fascinent tant. Il n’y a plus qu’à souhaiter à ces chats de gouttière qu’ils puissent encore longtemps chanter comme O’Malley : « Je suis l’roi de la rue, je fais ce qui me convient, je raffole d’imprévus, la planète m’appartient ». Bien sûr, cela marche aussi pour les humains…

Cam' dans un film

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Kedi, des chats et des hommes de Ceyda Torun KEDI, DES CHATS ET DES HOMMES – Sortie le 27 décembre 2017

Genre : documentaire
Réalisateur : Ceyda Torun

Pour en savoir plus :
Voir la bande-annonce de Kedi
– La fiche technique complète du film sur IMDb

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