Creed : quand le tigre est en toi

La nostalgie au cinéma est-elle un vilain défaut ? Il semble en tout cas qu’elle soit de mise ces derniers temps, que cela nous plaise ou non. Des remakes/suites/reboots en prévision qui font frémir d’horreur les fans des versions originales (Les Goonies, Point Break…) au retour décrépi des héros de notre enfance, comme dernièrement avec Star Wars VII, nous ne sommes à l’abri de rien ! A ce titre, Creed, présenté comme l’héritage de Rocky Balboa, avait à première vue toutes les chances de plonger dans le néant de la pâle copie. Verdict ?

Creed, c’est l’histoire d’Adonis Johnson (Michael B. Jordan), fils illégitime du champion du monde poids lourd Apollo Creed. Bien qu’il n’ait jamais connu son père, il a hérité de lui son goût pour la castagne et rêve de devenir à son tour boxeur professionnel. Il décide de se rendre à Philadelphie pour demander de l’aide à un ancien adversaire et ami de son père, autre winner de sa catégorie : le célèbre Rocky Balboa (Sylvester Stallone). Endossant le rôle autrefois tenu par Mickey, puis par Apollo Creed lui-même, Rocky devient alors son entraîneur.

Creed de Ryan CooglerCreed se revendique avant tout comme un film sur la transmission. Comme dans le Star Wars de J.J. Abrams, le passage de flambeau se fait entre ancienne et jeune génération pour mieux repartir de zéro (du moins, c’est ce qu’on peut croire, mais nous y reviendrons un peu plus loin). Cependant, alors qu’Abrams faisait maladroitement courir un Harrison Ford trop rouillé pour bondir dans tous les sens, Ryan Coogler ne fait judicieusement pas remonter Sylvester Stallone sur le ring. L’étalon italien reste brillamment dans l’ombre en enfilant les gants de l’entraîneur. Une ombre qui plane au-dessus de son jeune poulain, au point de rappeler que le monstre sacré Rocky Balboa n’est pas prêt de s’en aller. Preuve en est, le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle remporté par Stallone. Et c’est exactement là où je voulais en venir : dans Creed, la transmission se fait, mais sans pour autant faire vulgairement table rase du passé et disqualifier le véritable poids lourd du film. Au contraire, elle renforce l’aura de cette idole de fiction tellement ancrée dans notre (ma) réalité qu’on se (que je me) refuse à la voir disparaître. Plus qu’un vent de nostalgie, c’est donc un vent d’optimisme où le héros du passé a toute sa place qui souffle sur Creed.

Mais n’évacuons tout de même pas trop facilement la jeune génération ! Car il faut aussi saluer les efforts faits par Michael B. Jordan. Le Wallace de The Wire – qui déclenchât jadis l’une de mes grosses chialades de sériephile – a bien grandi pour devenir (sexy) Adonis Johnson-Creed. Et face aux uppercuts de la superstar, le petit tient plutôt la distance.

Alors, même si les combats de boxe manquent cruellement du caractère brut made in Rocky, même si les clins d’œil au passé sont souvent patauds, même si le morceau du générique de fin signé Nekfeu m’a fait l’effet du « Pas le temps » de Prison Break, même si tout est globalement trop lisse, même si Adrian et (surtout) Paulie me manquent fichtrement… il n’empêche que l’excitation ressentie au moment où le prétendant au titre monte sur le ring reste intacte. Et lorsque les premières notes de Bill Conti retentissent (pour, déception, s’interrompre quasi-immédiatement), je vous avoue avoir eu un peu envie de bondir sur mon siège en criant. Signe que mon palpitant n’est pas près d’arrêter de battre comme un petit fou dès qu’il est question d’un match de boxe… à la Rocky !

Cam' dans un film

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Creed de Ryan Coogler CREED – Sortie le 13 janvier 2016

Genre : drame
Réalisateur : Ryan Coogler
Scénaristes : Ryan Coogler et Aaron Covington, d’après les personnages créés par Sylvester Stallone
Avec : Sylvester Stallone, Michael B. Jordan, Tessa Thompson, Phylicia Rashad, Wood Harris, Tony Bellew, Ritchie Coster, Graham McTavish…
Bande-originale : Ludwig Göransson

Pour en savoir plus :
Voir la bande-annonce de Creed
– La fiche technique complète du film sur Allociné
Ecouter la bande originale sur Spotify
– Le jour où, moi aussi, je me suis prise pour Rocky

 

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1 reply »

  1. Salut,

    J’étais un peu inquiète avant de voir ce film, mais je dois admettre que je l’ai adoré. Michael B. Jordan était vraiment à la hauteur, je ne m’attendais vraiment pas à ça.

    À bientôt !

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